S'il
est des bestiaires des plus intéressants, à ma (ridiculement
petite) connaissance, je n'en connaît guère qui traite d'un monstre
tueur sévissant sous nos latitudes.
Chers
Volusiens, Chères Volusiennes, vous avez tous eu affaire à ce
monstre un jour ou l'autre, ou plutôt une nuit ou l'autre.
Vous
savez, ce monstre qui se dilate lorsque l'on ne l'affronte pas...
Vous l'avez tous affrontés d'ailleurs, et ce dès votre enfance.
Souvenez vous de vos dimanches soirs en tension, le ventre serré
"Zut, j'ai pas fait ma rédac pour demain." C'était
lui.
Puis
plus tard "Est-ce que j'ai bien renvoyé les papiers pour
passer le permis ?", encore lui.
Et
durant d'interminables décennies, "Est-ce que j'ai tous les
papiers pour les impôts, as-tu payé la facture, je ne retrouve pas
le formulaire à rendre pour demain, pour hier, et maintenant c'est
trop tard, et je n'y arrive pas, et j'arrête d'ouvrir mon courrier,
et je ne vais plus à la boîte aux lettre... "
Ca
vous dit quelque chose ? C'est toujours le même monstre,
le
monstre de papier
Il
est particulier ce monstre, car il fait peur de son absence, et il
rassure de sa présence. C'est au moment où l'on s'arme de courage
et de patience (beaucoup de patience) qu'il perd de sa force. Bon,
j'ai raté la date de l'inscription mais j'ai réussi à convaincre
la secrétaire, oups, la facture est payée en retard... mais payée,
on ne nous coupera pas l'eau... Le formulaire pour les impôts qui me
manque, je peux le fournir plus tard.
Les
impôts sont à ce sujet incroyablement compréhensifs, quand on leur
explique la situation. A croire qu'ils maîtrisent sur le bout des
doigts les conséquences du monstre de papier, à en voir les
victimes terrorisées tous les jours de l'année.
Au
moment où votre humble servante vous écrit, elle est aux prises
avec ce monstre. Et bien sûr elle ne l'affronte pas, elle se
contente avec une familière lâcheté de le décrire. Et les
arguments ne manquent pas :
-
On est dimanche, je ne vais rien faire un dimanche, et puis
les administrations sont fermées. Un point pour votre Dévouée.
- Tu rigoles ? Les courriers papier et internet, tu peux très bien les faire ce soir. Un point pour ma conscience.
- Oui mais (ah, les délices du oui mais) du coup j'en profite pour écrire, ça m'inspire. Deux à un, et toc.
- Prends-moi pas pour une andouille, tu as les chocottes et c'est tout ! Match nul, très très nul. Et puis tu vas voir cette nuit si ça t'a aidé d'écrire. Trois à deux.
Jeu,
set et match.
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