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lundi 9 février 2015

Le monstre de papier

S'il est des bestiaires des plus intéressants, à ma (ridiculement petite) connaissance, je n'en connaît guère qui traite d'un monstre tueur sévissant sous nos latitudes.
Chers Volusiens, Chères Volusiennes, vous avez tous eu affaire à ce monstre un jour ou l'autre, ou plutôt une nuit ou l'autre.

Vous savez, ce monstre qui se dilate lorsque l'on ne l'affronte pas... Vous l'avez tous affrontés d'ailleurs, et ce dès votre enfance. Souvenez vous de vos dimanches soirs en tension, le ventre serré "Zut, j'ai pas fait ma rédac pour demain." C'était lui.
Puis plus tard "Est-ce que j'ai bien renvoyé les papiers pour passer le permis ?", encore lui.

Et durant d'interminables décennies, "Est-ce que j'ai tous les papiers pour les impôts, as-tu payé la facture, je ne retrouve pas le formulaire à rendre pour demain, pour hier, et maintenant c'est trop tard, et je n'y arrive pas, et j'arrête d'ouvrir mon courrier, et je ne vais plus à la boîte aux lettre... "

Ca vous dit quelque chose ? C'est toujours le même monstre,

le monstre de papier

Il est particulier ce monstre, car il fait peur de son absence, et il rassure de sa présence. C'est au moment où l'on s'arme de courage et de patience (beaucoup de patience) qu'il perd de sa force. Bon, j'ai raté la date de l'inscription mais j'ai réussi à convaincre la secrétaire, oups, la facture est payée en retard... mais payée, on ne nous coupera pas l'eau... Le formulaire pour les impôts qui me manque, je peux le fournir plus tard.
Les impôts sont à ce sujet incroyablement compréhensifs, quand on leur explique la situation. A croire qu'ils maîtrisent sur le bout des doigts les conséquences du monstre de papier, à en voir les victimes terrorisées tous les jours de l'année.

Au moment où votre humble servante vous écrit, elle est aux prises avec ce monstre. Et bien sûr elle ne l'affronte pas, elle se contente avec une familière lâcheté de le décrire. Et les arguments ne manquent pas :

- On est dimanche, je ne vais rien faire un dimanche, et puis les administrations sont fermées. Un point pour votre Dévouée.
  • Tu rigoles ? Les courriers papier et internet, tu peux très bien les faire ce soir. Un point pour ma conscience.
  • Oui mais (ah, les délices du oui mais) du coup j'en profite pour écrire, ça m'inspire. Deux à un, et toc.
  • Prends-moi pas pour une andouille, tu as les chocottes et c'est tout ! Match nul, très très nul. Et puis tu vas voir cette nuit si ça t'a aidé d'écrire. Trois à deux.

    Jeu, set et match.


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