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dimanche 4 janvier 2015

Galette

Chers enseignants, chères enseignantes,

Je me présente, Caroline, la maman de Maylis, l'adorable petite puce de sixième 2.

Aujourd'hui je vous ai fait une galette des rois. N'allez à aucun moment imaginer que ce soit de la pure charité de ma part, loin de là, ceci est un savant calcul qui arrange la seule personne qui ait vraiment de l'importance à mes yeux : moi !

Voyez-vous, j'étais tranquillement en train d'effectuer un comparatif des mérites du thé parfumé accompagné de couronne des rois et du bon blockbuster à effets spéciaux aussi impressionnants que l'indigence scénaristique (en fait il s'agissait de tortues qui protégeaient une journaliste capable de taire le plus grand scoop de sa vie, on nage en plein délire !) quand soudain, là, sans prévenir, abruptement, d'un seul coup, ma Petite Chérie me sort pour la trente-septième fois : "Maman, je voudrais faire un gâteau pour la salle des profs", euh, pardon, "des professeurs". Je lui réponds, telle une mère responsable, qu'elle ferait mieux de se taire parce que là il y a Rafaello qui va sauter du camion pour exploser la jeep des méchants, et que c'est autrement plus important, que diable !

L'enfant répond que quand-même, et elle ose sortir l'Arme, entendez par là un regard à mi-chemin entre le chaton en corbeille du calendrier des pompiers et le regard perdu et désespéré que l'on peut retrouver dans les descriptions de Zola et le téléthon. Je tente de lui expliquer qu'il faut faire les choses dans l'ordre et aller au bout de ses idées et que donc tant que le rat Ninja n'a pas collé une pile à l'horrible Schreider, elle peut aller se faire cuire une galette.

Fin du film, donc du prétexte. Faut dire que c'était le troisième de la journée, mais vous en avez beaucoup, vous, des activités un dimanche après-midi pluvieux de janvier ?

Je me suis ensuite longuement interrogée sur la nécessité d'encrasser la cuisine. Réfléchissons : qu'aiment les professeurs ? Le café et les photocopieuses qui fonctionnent bien. Allons donc chercher une friandise qui peut remplir les deux fonctions ; il faut que ce soit plat pour rappeler la photocop' et savoureux comme la tasse de petit noir qu'on va se chercher après s'être mangé les quatrième B, parce que "ils m'ont vidée ces petits crapauds, vivement les vacances, la retraite, la sieste et vendredi soir, et si possible, tout de suite, et vite un café, ça va me calmer !", le tout accompagné d'une main tremblotante au calme susnommé quelque peu aléatoire et d'un cartable de trente-cinq kilos d'espoir pédagogique.
La galette réjouira les professeurs de ma Doudouille adorée. Par ailleurs, une galette a tendance à se reproduire, selon la bonne vieille coutûme qui veut que "celui qui fait son crâneur en ayant la fève sera puni du châtiment d'une autre galette", ainsi, le plaisir se prolonge. Ils seront donc plus heureux et aptes à transmettre un savoir nécessaire au développement intellectuel de la Chair de ma chair, de fait ma Pupuce apprendra mieux tant il est vrai que prof content élèves apprendants, elle pourra ensuite faire des hautes études, devenir prix Nobel du monde et m'offrir une retraire dorée avec carte bleue illimitée et cuisine équipée.

L'affaire est faite, réalisons cette galette.
Ce n'est que le premier paquet de pâte feuilletée ouvert qu'elle me déclara avec un sourire à désarmer l'Irak "En fait, j'ai pas trop envie de t'aider", et fila, la monstrueuse cacahuète, jouer avec son lapin.


Il s'en fallut de peu que vous ne mangeassiez de la tourte au lapin.

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