Nouvelles

mercredi 26 décembre 2018

Quand on est seul



Phrases stupides :

  1. Mais tu as tout pour être heureux. Mais qu'est-ce qui vous a fait croire, d'une manière ou d'une autre, que ce que l'on possède capitalise du bonheur ? Mais si en possédant tu DOIS être heureux.
  2. Toi on sait que tu es forte, tu vas se relever : non mais vous rigolez ? Vous ne voyez donc pas que je suis à terre, que le coup m'a occis le coeur et que je me vide de mon sang ? Si je me relève, c'est parce que personne n'est là pour me relever.
  3. Toi tu n'es pas fait pour une vie tranquille. Ah mais détrompez-vous, je serais absolument heureux d'avoir une vie tranquille, mais je vis autre chose.
  4. Tu as de la chance, tu n'as pas à te taper une belle-mère pour Noël ! Oh oui, ma chance est une vraie chance, et vous savez quoi, je limite même mon risque d'accident cardio-vasculaire, avec mes réveillons à coup de jambon-coquillettes.
  5. Toi tu es libre, tu fais ce que tu veux. Absolument tout ce que je veux, à part évidemment partir en vacances, parce que seul, c'est pas très rigolo, faire des projets, construire une maison, fonder une famille, vivre des soirées romantiques, partager des moments de tendresse devant la télé (un chien, ça compte ou pas ?) être touché ou caressé (ah si, en payant pour un massage), cuisiner des poulets rôtis ; mais rendons justice : je peux utiliser toute la surface de mon lit.
  6. Tu es trop exigent, c'est pour ça que tu es seul : oh, mais vous avez raison, c'est pour ça ! Merci de cette précieuse information, désormais, je sortirai avec la première personne qui me regardera, et tant pis si je ne me sens pas bien avec cette personne, je ferai un effort.
  7. Prends sur toi ! Non, je ne vais pas m'amputer d'une partie de mes maigres réserves pour faire comme si tout allait bien !

Phrase qui font du bien :

  1. Oulah, tu as un gros chagrin, viens dans mes bras.
  2. Tu es seul pour Noël ? Viens donc avec nous, on a une place libre.
  3. Ca doit te peser le célibat. Ne t'inquiète donc pas, il y a quelqu'un pour toi en ce bas-monde, tu finiras bien par le rencontrer.
  4. Tu sais quoi, j'échangerais bien un petit bout de ta liberté contre un petit bout de vie familiale trépidante.
  5. Prends soin de toi, on n'a qu'une vie.

Phrase qui font rêver :

  1. Laisse-moi faire, je m'en occupe.
  2. Je suis avec toi, tu peux compter sur moi.
  3. Je suis heureux que tu sois là.


dimanche 12 août 2018

médisation

"Vous iiiiiinspireeeez, et vous soouuuufflez, c'est biennn".
La voix sirupeuse de la médito-thérapeute m'englue les oreilles d'une pseudo-douceur écoeurante. Qu'est-ce qui m'a pris de venir ?
Ca te fera du bien, qu'on m'a dit, tu repars mieux après, qu'on m'a dit. Tel le soldat romain d'Astérix, qui en pleine castagne celtique soupire un "Engagez-vous, qu'ils disaient, rengagez-ous, qu'ils diasient, vous verrez du pays", alors qu'il plane à quelques dizaines de pieds au-dessus de la forêt des Carnutes avant un inéluctable chute. Moi je ne plane pas du tout. M'étouffant à moitié avec un diaphragme bloqué depuis ma première communion ou ma dernière engueulade, j'essaie tant bien que mal de singer les non-mouvements méditatifs en position d'un lotus qui ressemble à une grenouille éméchée.
Vous savez à quoi ça me fait penser, ces méditations ? A Noël, à cette obligation de bonheur alors qu'on a tous envie de partager une carafe de cigüe. A ces réunions de famille recelant plus de pièges émotionnels qu'un champ de mines en Irak. Mais il faut être heureux, tralala.
Et qu'est-ce que ça peut m'agacer ces bruits de gongs tibétains, ces odeurs d'encens, on dirait les cloches et la cérémonie d'un enterrement. C'est nul.
Qu'est-ce que je fiche là ? A cette enterrement qui ressemble à celui de l'oncle Arthur. Personne ne parle, ça sent l'encens, et l'ambiance feutrée cache des monstres. J'aurais jamais dû venir, ces méditations, c'est pas pour moi. Tiens maintenant que j'y pense, il est mort à Noël, ce crétin, quel manque de savoir vivre !
"Vous iiiiiinspirez avec votre ventre, vous eeeexpirez avec votre ventre". Si j'osais, je m'enfuirais, elle et sa voix écoeurante sirupeuse, tiens, à la grenadine, comme celle qu'on m'a servie à l'enterrement. En me disant que j'étais grand maintenant, et que je n'avais pas à pleurer comme une fillette. Quand j'y pense, c'était vraiment dégueulasse, j'avait sept ans et je l'adorais, cet oncle.
Il me manque.
"Vous iiiiiinspirez avec vos pieds, vous eeeeexpirez avec vos pieds." Elle me fait marrer, j'y arrive pas, moi, à reeeespirer : j'ai des hoquets, je suffoque, et mon visage est inondé. C'est quoi encore ce délire.
"Vous vous allongez maintenant sur le dos, et prenez quelques minutes pour saaaavourer votre ressenti".
Ben voilà, beaucoup mieux sur le dos. Finalement c'est la position qui m'allait pas.
"Je vous remercie et vous dis à la semaine prochaine".

Ben ça, ça risque pas, parce que je prépare une recette de dinde farcie. J'ai envie de passer le plus beau Noël de ma vie !

samedi 11 août 2018

Pigeon vole

Moi, j'avais rien demandé.
Je vivais tranquillement dans ma médiocrité ambiante, en me disant que je rêverais d'avoir un chéri, du boulot, des colombes, ou une salle de cinéma privative, si possible avec visite des divers réalisateurs des diverses oeuvres de fiction qui alimentent ma matière grise et mes après-midis.
Ben au final, j'ai eu un pigeon.
"Zouzou est lààààà !" hurle la chair de ma chair Ma rejetonne d'adolescente se précipite tel une ado sur un pot de nutella vers son amie fraichement arrivée pour les vacances. Le fruit de mon sein et sa copine de toujours se transforment instantanément en pintades, pendant que je deviens ipso facto un légume, qui perçois déjà son avenir en tant que purée. Ca va être long, me dis-je en mon Fort-Boyard intérieur. Et ça ne rate pas, tel une rencontre soudaine entre du nitrate et de la glycérine, les deux volatiles explosent en un feu d'artifice d'échanges divers, de projets, de bruits inexistants jusqu'alors et de mouvements improbables.
N'écoutant que mon maternel courage, je file en douce sous un prétexte fallacieux et laisse se débrouiller ces deux joyeuses dans leur propre univers impitoyable créé par elles seules à leurs seules fins.
Une demi-heure plus tard, mon téléphone, sale traître, relaie un magma de propos filiaux dans lesquels je perçois le mot "pigeon blessé". En mère poule, je réagis : "T'as dit quoi ?"Je sens déjà se profiler la transformation de mon humble appartement en ferme pédagogique, "Bon, j'arrive". Je regagne ce qui fut autrefois mon logement et suis accueillie par des piaillements surexcités. L'oiseau, lui, est silencieux, prostré. Le pauvre enfant (à plumes) dort tant qu'il peut, pendant que les enfants à cheveux longs se lancent dans de la spéléoplacard pour désincarcérer la cage de feu notre cochon d'Inde. Elle sierra à merveille à notre protégé à l'aile déplumée.
Les heures et les jours passent en attendant la rémission de notre pigeonneau. Le vétérinaire nous a annoncé un pigeon immature, mais, maintenant que j'y pense, parlait-il de son développement physique ou de son incapacité à voler de ses propres ailes et de se trouver un appart' et un job ? Peu importe. Trois jours après son arrivée, Zouzou repart, après avoir conclu un pacte avec ma fille : il reviendrait donc à cette dernière de prendre soin de leur bébé. Ma digne héritière, le torse bombé et la responsabilisation plein pot, salue son départ.
Je passerai sur les divers "tu devrais lui donner plus/moins d'eau/de graines/de câlins/de friandises/d'attention". (Compose ta phrase toi-même Cher Volusien, c'est le moment créatif de la narration et le diy est très tendance). Après avoir embrassé mon tout petit poussin de quinze ans qui m'a confié la bestiole la larme à l'oeil, et que j'ai regagné mon canapé sous le regard de l'oiseau qui allait très certainement séjourner un paquet de semaines chez moi, je me suis demandé, une fraction de secondes, lequel de nous deux était le pigeon.

jeudi 1 septembre 2016

Peine de coeur

Elle était allongée là, serrée contre lui, et ne savait pas bien ce qu'elle ressentait.
Leur histoire s'était arrêtée sans qu'elle comprenne bien pourquoi, elle s'était faite une raison : "Il ne veut plus être avec moi, c'est ainsi." Des torrents de larmes avaient coulé de ses yeux pendant des semaines, et le vase de ses regrets semblait ne pas avoir de fond. Mais "c'était ainsi".
Comment se retrouvait-elle là, blottie contre son corps à la douceur envoûtante, à la puissance envoûtante, à l'odeur envoûtante ? Un enchaînement de désirs refoulés, d'actes manqués plutôt réussis et d'échanges de messages plus ou moins ambigus les avaient rapprochés.
Blottie contre son amour, elle avait envie de pleurer, de lui demander "Que veux-tu vraiment, que ressens-tu, que suis-je pour toi ?" Elle voulait hurler aussi, lui crier combien elle avait eu mal, à quel point sa décision avait déchiré tout son être. Mais la prudence lui recommandait de garder le silence. Il y avait une chose bien pire pour elle que cette cruelle incertitude, cette relation mal définie, c'était de dévoiler cet attachement si profond.
Il ne veut plus de moi dans sa vie, c'est ainsi. Et contre lui, ses larmes salées retournaient dans l'océan de son intériorité. Elle sourit, partit d'un ton léger sur une conversation anodine, tentant sans grand effet de gommer de sa conscience une gorge dont l'étranglement s'amplifiait de minute en minute. Son corps hurlait de laisser sortir un tel vacarme silencieux, mais la peur de voir s'envoler cet oiseau farouche qu'était cet intant de tendresse baillonnait ce besoin. Elle avait tellement besoin de ce qu'il lui offrait en ce moment. Elle vendait son âme au diable pour un peu d'Amour, de tendresse et de partage. Et son ange lui murmurait "Est-ce vraiment cela que tu appelles le partage ?". Et son démon lui répondait " Tu ne mérites pas plus".
Elle était aux aguets, comme seule une femme amoureuse peut l'être, de la moindre intonation, du moindre mot qui pouvait donner une indication sur ce qu'il ressentait. Lui demander était inenvisageable, elle n'était pas assez forte pour affronter un propos direct sur la question. Mais elle savait aussi que cette enquête était brouillée par le filtre de ses peurs, de ses désirs.
Elle avait mal à en crever.
Il partit.
Ses larmes coulèrent.
Elle ne savait pas qu'elle l'aimait encore autant.
Et son ange murmura : "Ne le revois plus, il ne veut plus de toi, c'est ainsi."
Et son démon ne dit rien, il savait déjà qu'elle cèderait encore.

Faire son deuil

Il est des moments cruels dans la vie, indispensables et douloureux. Il s'agit de faire de deuil.
D'un proche décédé, d'une amitié qui se termine, d'une histoire d'amour qui tourne court. Certains ont cette chance de pouvoir tourner la tête dans une autre direction en un instant. D'autres ont le coeur accroché solidement à ce qui s'en va, et la déchirure provoquée par cette séparation est telle qu'ils ont du mal à couper rapidement ce lien qui leur était si précieux.

Les premiers ont pour les aider la colère, le rejet, bref : la haine. Ils se mettent à détester ce qu'ils doivent laisser partir. Efficace, je dirais même radical. Ou du moins ç'en a l'apparence. Comment réagissent-ils par la suite ? Est-ce qu'ils gardent leur colère toute la vie ? Que ressentent-ils quand elle disparaît ? Un grand vide, certainement, et probablement du désespoir. Avec le temps j'ai appris que la colère tenait chaud telle une couverture en laine dans une après-midi de novembre, elle nous occupe, nous remplit. Elle est bien préférable à ce grand trou froid que nous donne la tristesse. C'est du moins ce que l'on aime à penser. Mais est-ce que par hasard elle ne nous garderait pas au chaud en automne, sans jamais connaître l'hiver, certes, mais en renonçant au printemps de l'âme ? Je ne le sais, n'étant de ce tempérament.


Les seconds préfèrent l'anesthésie : Ils affirment (très) haut et (très) fort que tout va bien, que c'était la meilleure chose qui pouvait arriver, la personne décédée ne souffre plus, cette amie ne nous convenait plus, et l'histoire d'amour n'avait plus d'avenir. La raison vient donc étouffer le chagrin, et l'enfouir au plus profond du corps, là où personne n'ira le chercher. C'est l'été, et l'on décide que le printemps arrive en suivant. Mais l'anesthésie disparaît toujours au bout d'un moment, et le coeur pousse vers le ventre, puis la gorge des sanglots trop longtemps retenus. Le coeur s'ouvre en deux et laisse se déverser le sang glacé qu'il contenait. Et l'on se dit : J'ai fait mon deuil, cette fois c'est bon, je peux repartir sur une autre base. Et puis quelques temps plus tard le coeur s'ouvre à nouveau pour laisser s'échapper la fontaine de sanglots, et encore, et encore. Quand tarira-t-elle, nul ne le sait. Et puis un jour on accepte que finalement on n'est pas si fort que ça, un deuil ne se décide pas, il se vit.

Et quand le coeur s'est suffisamment ouvert pour laisser s'échapper jusqu'à la dernière goutte de chagrin, la profondeur de son espace peut contenir le monde entier.

mercredi 31 août 2016

Devis

Mes Adorés Volusiens, supposons que vous ayez à réaliser des travaux dans votre logement. Comme vous êtes doté de deux mains gauches ou d'un sens aigu du "Ce sera mieux fait par un professionnel", vous prenez donc la décision d'appeler des artisans pour faire effectuer des devis, et en suivant des travaux. Maçonnerie, plomberie, électricité etc. Aujourd'hui nous allons mener l'étude de la première étape : le devis.
Où trouver le numéro de téléphone. Vous pouvez voir internet, des forums, des amis, et souvent vous vous retrouvez avec le beau-frère du cousin germain du facteur de votre ancienne belle-soeur parce qu'elle le connaît, c'est un ami. Vous appelez, et avec un peu de chance, au bout de trois amis différents de beau-frères du cousin germain du facteur de votre ancienne belle-soeur, l'un d'eux daigne vous rappeler, et vous prenez rendez-vous. Première liesse, vous chantonnez donc dans votre logement à refaire/améliorer/terminer "j'ai quelqu'un qui vient-eu, j'ai quelqu'un qui vient-eu... !" et ce jusqu'à quatre heures du matin, n'ayons pas peur de célébrer !
Il passera entre 9h et le 8 août, et un jour, après votre vingt septième café, ne voilà-t-il pas que le carillon de votre ruine, ou peu s'en faut, retentit. L'homme entre. Sûr de lui, il a déjà repéré que vous êtes de sexe féminin, donc pigeonnable, vivant seule, il pourra rajouter des petits pois pour vous dévorer sur le devis, et surtout a priori, pour lui, vous êtes beaucoup plus calée en vernis à ongles qu'en vis à placo.
Son rituel, très certainement enseigné dans les écoles d'artisans et de kinésithérapie, l'oblige à critiquer de manière méthodique TOUS les travaux effectués précédemment par un incapable notoire qui a fait n'importe quoi et pas dans les normes. "Faudrait tout reprendre". Et bing, Vas-y mon gars, multiplie le devis aux petits pois. En attendant, la faible victime de check-up pro pâlit devant les dégâts. Mince, se dit-elle, j'ai un cancer de l'électricité. L'artisan, bon prince, la rassure "Bon, y'a du boulot, mais ça devrait être possible". Autre version : "On peut tout faire, après c'est une question de prix". Puis l'homme s'en va, nous promettant un devis "pas trop cher" dans la semaine.
Et, ô surprise, parfois, dans une proportion de 20 %, le devis est effectivement envoyé dans la semaine.
Comme le devis est illisible en raison de descriptions plus qu'énigmatiques, vous vous souvenez soudainement que vous avez un ami hyper-calé en travaux et devis. Le plus pénible, c'est de supporter son interminable fou-rire en voyant le papier qui vous a été transmis par quelqu'un qui, à la manière d'Arnold Schwarzenegger dans Last action heroe vous a assuré "je suis un professionnel". Ce n'est qu'au bout d'une bonne demi-heure à se tenir les côtes qu'il vous donne les références d'un gars un peu mieux câblé que les autres qui vous produit un devis clair, élevé mais juste, au moins lui, il ne vous prend pas pour un volatile.


A bientôt, mes Volusiens chéris, pour la suite des travaux.

lundi 22 août 2016

C'est pas tes oignons

Chers Volusiens, chères Volusiennes,
Comme vous le savez, je ne suis pas en possession de cette machine odieuse mangeuse de cerveau qui dicte sa loi dans les foyers. Je n'écoute pas la radio et ne lis pas, j'ai horreur de lire, c'est plein de mots. Ma connaissance de l'Univers est donc essentiellement due au papotage du bar du coin, aux préjugés et différents voyages astraux et méditations surtout après le déjeuner quand une douce torpeur m'envahit.

Bon, cette semaine, je n'ai quand même pas réussi à éviter les conversations sur le burkini, les jeux olympiques et la belle-soeur du tenancier de l'auberge pourvoyeuse de pina colada que je fréquente usuellement. L'auberge, pas la belle-soeur.

Voyez-vous, mon dealer de boisson m'expliquait un peu que l'intrusion dans sa vie familiale de la belle-soeur produisait en lui un effet laxatif digne des meilleurs sketches de Coluche, car cette douce dame lui expliquait à quel point il s'y prenait mal pour vivre. Elle a donc eu la délicate attention de lui montrer ô combien son fromage se porterait mieux hors du frigo, qu'il fallait qu'il arrête de manger du pain, "c'est pas bon pour c'que t'as", et que s'il continuer à se comporter comme un monstre avec ses enfants, c'est sûr qu'il irait en enfer (ce qui était vrai, me disait-il, il y était depuis la venue de cette dame). Nous ne parlerons pas de la "gestion catastrophique de ton établissement, tu devrais servir du jus de pétale de pâquerette, ça, c'est l'avenir, et il faut investir davantage dans la déco". En même temps, j'étais un peu d'accord avec sa belle soeur, parce que ses murs ils n'arrêtaient pas de tourner, surtout après trois pinas coladas, et c'était assez moche.

Après, mon compagnon m'expliqua qu'on avait gagné des tas de médailles, qu'on était les meilleurs dans un tas de discipline "Hein Simone ?" et qu'on avait bien bossé. Moi je me suis dit que le on était peut être un peu exagéré parce que le Roger, je ne l'avais pas trop vu aux entraînements olympiques, quand même, et je me suis demandé fortuitement à un moment d'oubli de moi-même si des fois on ne se rendait pas responsable de victoires qui ne nous appartenaient, au final, pas du tout.

Après on a parlé de burkini, et je me suis dit que peut-être que ce serait une bonne chose de ficher la paix à ces femmes, que finalement, si ça les dérangeait tant que ça de porter un burkini, peut-être bien qu'elle seraient capable de nous le faire savoir, comme elles sont capable de faire savoir aux empêcheurs de s'habiller en rond que "laissez-nous tranquilles". Au final, dans cette histoire, il ya beaucoup de belles-soeurs de Roger.

Bon, je suis donc rentrée chez moi avec l'idée que si les gens s'occupaient un peu plus de ce qui les concerne, ça créerait sûrement un sacré chaos sur la planète.